Audit Qualiopi 2026 : ce que le certificateur peut exiger

Audit Qualiopi : durée, échantillonnage, indicateurs à non-conformité majeure, délais. Ce que l'arrêté du 6 juin 2019 impose à votre certificateur.

Équipe téo
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Audit Qualiopi 2026 : ce que le certificateur peut exiger
Sommaire

    Le 1er novembre 2026, la grille sur laquelle vous serez audité change. Tout le secteur attend le guide de lecture qui dira ce qu’il faut prouver — et il n’est toujours pas paru. Pendant que la profession scrute ce document, presque personne ne lit celui qui, lui, est publié, opposable et inchangé : l’arrêté du 6 juin 2019 relatif aux modalités d’audit, entièrement réécrit par l’arrêté du 31 mai 2023. C’est ce texte qui fixe combien de temps dure votre audit, quels indicateurs sont revus, ce que l’auditeur doit vous transmettre avant de venir, et combien de jours vous avez pour corriger.

    Autrement dit : le référentiel dit ce que vous devez prouver, l’arrêté dit comment on vous le demande. Le premier bouge dans sept semaines. Le second, non. Voici ce qu’il contient, lu du point de vue de l’organisme audité.

    Ce qui change le 1er novembre — et ce qui ne change pas

    Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 (Journal officiel du 4 août, NOR TRSD2619632D) remplace l’annexe réglementaire qui liste les indicateurs du RNQ. Sept critères conservés, numérotation préservée, un indicateur 33 ajouté pour la seule catégorie apprentissage. Aucune disposition transitoire : tout audit conduit à partir du 1er novembre s’appuie sur la nouvelle grille. Nous avons détaillé indicateur par indicateur ce que la réforme du référentiel change pour l’accompagnement.

    Ce décret ne touche à rien d’autre. Il ne modifie ni les durées d’audit, ni le régime des non-conformités, ni les règles multi-sites, ni le transfert de certification : tout cela reste régi par l’arrêté du 6 juin 2019. Les deux arrêtés de seuils annoncés pour les indicateurs 19 et 20 n’étaient pas publiés au 10 septembre 2026, et le guide de lecture reste la version 9 du 8 janvier 2024.

    Une précision de calendrier que ce guide contient lui-même et que presque personne ne cite : « le délai pour la mise en application d’une nouvelle version du guide de lecture pour les audits à réaliser est de 2 mois maximum à compter de sa diffusion sur le site du ministère ». Traduction pratique : un guide publié en octobre n’engagerait pas votre audit de novembre. Si votre audit tombe cet automne, vous serez donc probablement évalué sur un référentiel neuf avec une doctrine d’interprétation qui n’est pas encore la sienne — situation inconfortable, qui rend d’autant plus utile de connaître la procédure.

    Au 2 septembre 2026, la liste publique de la DGEFP recensait 47 022 organismes certifiés, dont 4 331 sur les bilans de compétences et 2 415 sur la VAE.

    Les 17 indicateurs qui ne tolèrent aucune nuance

    C’est la règle la plus structurante de tout le dispositif, et elle ne figure pas dans le référentiel mais à l’article 5 de l’arrêté : les indicateurs 4, 5, 6, 7, 10, 11, 14, 15, 16, 20, 21, 22, 26, 27, 29, 31 et 32 ne peuvent donner lieu qu’à des non-conformités majeures. Aucune pondération possible. Sur ces dix-sept indicateurs, il n’existe pas d’écart « pas trop grave » : soit vous êtes conforme, soit vous déclenchez la procédure lourde.

    Les quinze autres — 1, 2, 3, 8, 9, 12, 13, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 28 et 30 — sont pondérables. Le guide de lecture pose le curseur : la non-conformité est mineure « en cas de respect partiel de l’attendu », majeure « lorsque l’attendu n’est pas du tout respecté ».

    Relisez cette liste à la lumière du 1er novembre : l’arrêté désigne les indicateurs par leur numéro, en renvoyant à l’annexe du code du travail — or c’est précisément cette annexe que le décret remplace, à numérotation constante. Résultat : quatre indicateurs voient leur contenu évoluer tout en restant « majeure uniquement » pour les métiers de l’accompagnement.

    IndicateurCe que le décret ajoute au 1er novembreRégime
    7 — Certification visée« et peut prouver sa capacité à assurer cette certification, y compris en qualité d’organisme habilité »Majeure uniquement
    27 — Sous-traitance et portage« et en assure la traçabilité dans les contrats de sous-traitance »Majeure uniquement
    31 — RéclamationsRéécriture de forme (« ainsi que » remplace une virgule)Majeure uniquement
    32 — Amélioration continue« démarche d’amélioration continue » et « analyse des risques sur la qualité des formations délivrées »Majeure uniquement

    Les indicateurs 14, 15 et 20, également modifiés et également « majeure uniquement », ne concernent que l’apprentissage — de même que le nouvel indicateur 33, qui ne figure d’ailleurs dans aucune des deux listes et dont le régime de non-conformité n’est donc écrit nulle part à ce jour.

    L’indicateur 32 est le vrai piège du 1er novembre

    Comparez les deux rédactions, mot à mot. Version 9 : « Le prestataire met en œuvre des mesures d’amélioration à partir de l’analyse des appréciations et des réclamations. » Version applicable au 1er novembre : « Le prestataire met en place une démarche d’amélioration continue à partir de l’analyse des appréciations et des réclamations, ainsi qu’une analyse des risques sur la qualité des formations délivrées. »

    Deux glissements, et le second est un livrable entièrement nouveau. Jusqu’ici, votre amélioration continue pouvait être réactive : on collecte les avis, on traite les réclamations, on en tire des actions. Le texte y ajoute une brique anticipative — identifier ce qui pourrait dégrader la qualité avant que quiconque ne s’en plaigne.

    Trois propriétés rendent ce point critique. L’indicateur 32 s’applique aux quatre catégories d’actions — centres de bilans, cabinets VAE, outplacement, formations courtes. Il est classé « majeure uniquement » : un travail à moitié fait ne vous vaudra pas une mineure de courtoisie. Et il exige une production documentaire qui n’existait pas dans votre système qualité.

    À quoi ressemble une analyse des risques crédible pour un cabinet de trois consultants ? Pas à un document de vingt pages. À une cartographie courte et datée : les risques réellement propres à votre activité (départ du seul consultant certifié sur un dispositif, dépendance à un financeur unique, rupture de parcours en distanciel, indisponibilité d’un outil de tests, perte de traçabilité d’émargement), une cotation simple fréquence × gravité, la mesure de maîtrise en place, et une revue périodique tracée. L’auditeur ne cherchera pas de la méthodologie : il cherchera la preuve que vous avez regardé vos propres risques en face, et que vous y revenez.

    Ce que le certificateur doit vous transmettre avant de venir

    L’article 1er de l’arrêté crée des obligations à la charge du certificateur : c’est là que se trouve la marge de manœuvre que la plupart des organismes ignorent. Après réception du contrat signé et de l’ensemble des pièces, il dispose de 30 jours calendaires maximum pour vous proposer une date, en tenant compte de la période que vous avez souhaitée. L’auditeur, lui, « prend connaissance de l’ensemble des données préalablement à l’audit » : il n’est pas censé découvrir votre dossier le jour J.

    Surtout, le certificateur « établit et communique un plan d’audit ». Ce plan n’est pas une formalité : le texte impose qu’il détermine le périmètre de l’audit, les noms des personnes à rencontrer et les indicateurs du référentiel concernés. Vous êtes donc en droit de savoir, avant l’audit, quels indicateurs seront examinés et qui doit être disponible. S’il n’arrive pas, réclamez-le : c’est votre seul moyen de mobiliser les bonnes personnes et les bonnes preuves.

    L’échantillonnage, en revanche, ne vous appartient pas : l’auditeur choisit les actions à examiner, de façon « représentative de l’activité du prestataire sur la période de référence », et cet échantillonnage « n’est pas communiqué à l’organisme audité avant la réunion d’ouverture ». Inutile de préparer trois dossiers vitrines : tous doivent tenir. En contrepartie, le compte rendu transmis au certificateur doit mentionner l’échantillon retenu, la justification de cet échantillonnage et les éléments de preuve consultés — et les conclusions qui vous sont notifiées doivent être datées et signées par l’auditeur.

    Une phrase mérite d’être encadrée : « L’absence de preuve le jour de l’audit fait l’objet d’une non-conformité. » Retrouver le document la semaine suivante ne rattrape rien — d’où l’intérêt d’une traçabilité produite par le geste métier lui-même, comme nous le décrivons pour les non-conformités Qualiopi fréquentes en bilan de compétences et l’émargement électronique.

    La durée de votre audit se calcule, elle ne se négocie pas

    L’article 4 fixe un barème que beaucoup de dirigeants découvrent en recevant leur devis : la durée dépend du chiffre d’affaires, du nombre de catégories certifiées et du nombre de sites échantillonnés.

    Type d’auditChiffre d’affairesDurée de basePar catégorie supplémentairePar site échantillonné
    Initial et renouvellement< 150 000 €1 jour+ 0 jour+ 0,5 jour
    Initial et renouvellement150 000 à 750 000 €1 jour+ 0,5 jour+ 0,5 jour
    Initial et renouvellement≥ 750 000 €1,5 jour+ 0,5 jour+ 0,5 jour
    Surveillance< 750 000 €0,5 jour+ 0 jour+ 0,5 jour
    Surveillance≥ 750 000 €1 jour+ 0,5 jour+ 0,5 jour

    Deux conséquences concrètes. D’abord, depuis le 1er septembre 2023, la durée de l’audit de surveillance se calcule sur le dernier BPF disponible, et non plus sur celui connu à la signature du contrat : une bonne année vous fait changer de tranche et rallonge mécaniquement votre audit. Ensuite, si l’auditeur constate sur place « des éléments nouveaux de nature à affecter la durée d’audit initialement prévue au contrat », il doit ajuster la durée ou déclencher un audit complémentaire. Une déclaration d’activité minorée à la contractualisation ne fait pas gagner une demi-journée : elle la fait revenir plus tard, avec un audit en plus. À budgéter aussi : étendre sa certification à la VAE au-delà de 150 000 € de chiffre d’affaires ajoute une demi-journée à chaque audit.

    L’audit de surveillance est à distance — sauf si vous demandez le contraire

    L’audit de surveillance intervient entre le 14e et le 22e mois suivant l’obtention de la certification. Pas « dans les 18 mois » : la fenêtre est bien de neuf mois, et c’est vous qui pouvez en discuter le positionnement avec votre certificateur.

    Il ne porte pas sur l’ensemble du référentiel. L’article 2 impose une revue « a minima » des indicateurs non conformes à l’audit initial, des dix-sept indicateurs à non-conformité majeure obligatoire applicables à votre structure, et des indicateurs 1, 17 et 19 — plus l’indicateur 3 pour les organismes concernés. Notez la présence permanente de l’indicateur 19, celui-là même que le décret enrichit de la vérification de l’effectivité du suivi à distance : il sera systématiquement regardé, quelle que soit votre histoire d’audit. C’est le sujet de notre guide des règles de l’accompagnement individuel à distance.

    Le certificateur vérifie aussi que vous affichez votre certificat dans vos locaux et sur votre site internet — à défaut de site, que vous en communiquez copie à tout candidat, stagiaire, apprenti ou financeur qui le demande. Le texte est sans ambiguïté : « Le non-respect de cette obligation donne lieu à une non-conformité majeure. » Perdre sa certification sur un fichier absent d’un pied de page serait absurde ; cela arrive.

    Par défaut, cette surveillance se fait à distance. Elle bascule sur site dans quatre cas seulement : signalement d’un tiers, analyse de risque issue de l’audit précédent, échantillonnage multi-sites lié à ces deux motifs — et, quatrième cas ajouté en 2023, à la demande de l’organisme audité. Cette faculté vous appartient : quand votre valeur ajoutée se voit mieux en salle qu’à l’écran, demander le présentiel n’est pas se compliquer la vie.

    Cas particulier des « nouveaux entrants » — première année d’activité, ou démarrage d’une nouvelle catégorie. À l’initial, onze indicateurs (2, 3, 11, 13, 14, 19, 22, 24, 25, 26 et 32) ne sont vérifiés que sur la formalisation du processus. Contrepartie : la surveillance porte alors sur l’ensemble des indicateurs applicables, et dure une demi-journée de plus.

    Après l’audit : trois mois, un mois, trois mois

    Le compte à rebours part de la notification des non-conformités, pas de la date de l’audit.

    Pour une non-conformité mineure : vous adressez un plan d’action dans le délai fixé par le certificateur, et vous disposez de six mois pour le mettre en œuvre. La vérification a lieu à l’audit suivant. Si l’écart n’est pas levé à ce moment-là, il est requalifié en majeure. Attention à l’effet de seuil : « l’existence d’au moins cinq non-conformités mineures non levées à la prise de décision constitue une non-conformité majeure ».

    Pour une non-conformité majeure : les actions correctives doivent être effectives sous trois mois, et le certificateur les vérifie « avant toute décision relative à la certification dans un délai qui ne peut excéder un mois à compter de l’expiration du délai de trois mois ». À défaut de correction dans les trois mois, la certification est refusée (audit initial) ou suspendue (surveillance, renouvellement, audit complémentaire). La suspension est levée sur preuves. Si rien n’est fait dans les trois mois suivant la notification de la suspension, la certification est retirée ou n’est pas renouvelée.

    D’où une règle de planification posée noir sur blanc à l’article 3 : l’audit de renouvellement doit avoir lieu « dans des délais compatibles avec la levée, avant échéance du certificat, des non-conformités majeures éventuelles ». Un renouvellement calé trois semaines avant l’expiration ne laisse aucune place à un écart majeur. Prévoyez un matelas d’au moins quatre mois.

    Dernier mécanisme : l’article 5 bis permet à un tiers — bénéficiaire, financeur, concurrent — de signaler anonymement votre non-respect du référentiel à votre certificateur, qui peut alors déclencher un audit complémentaire et, « en fonction de la gravité, décider de suspendre à titre conservatoire » votre certification. Cette voie se combine avec les contrôles renforcés décrits dans notre guide de la loi anti-fraude formation.

    Changer de certificateur, ou le voir défaillir

    Pour les structures à plusieurs sites, l’article 6 impose d’auditer un échantillon égal à la racine carrée du nombre de sites (multipliée par 0,6 en surveillance), interdit « d’exclure un site du périmètre de la certification », et fait suspendre la certification de tout l’organisme dès qu’un seul site présente une non-conformité majeure.

    Changement de certificateur. Le transfert suppose une certification valide, reprise sur l’intégralité de son périmètre. L’ancien certificateur transmet sous quinze jours copie du certificat, le détail des non-conformités et le plan d’action ; le récepteur décide sous trente jours. Point mal compris : le nouveau certificat « reprend l’échéance du certificat antérieur » — changer de certificateur ne remet pas le cycle à zéro. Et si votre certification est suspendue ou retirée, le transfert est impossible. Après un refus ou un retrait, comptez trois mois avant de pouvoir redéposer sur la catégorie concernée.

    Défaillance de votre certificateur. Risque rarement évoqué et pourtant réel : s’il perd son accréditation ou cesse son activité, les certificats qu’il a délivrés ne restent valides que six mois, et il doit vous en informer sous quinze jours. Plusieurs organismes certificateurs ont vu leur accréditation évoluer début 2026. Vérifier le statut du vôtre auprès du Comité français d’accréditation n’est pas de la paranoïa : c’est votre accès aux financements publics qui en dépend.

    Ce que vous pouvez faire d’ici le 1er novembre

    • Datez votre prochain audit à la semaine près. Jusqu’au 31 octobre inclus, vous restez sur le référentiel de 2019 ; à partir du 1er novembre, vous basculez sans préavis.
    • Construisez votre analyse des risques qualité (indicateur 32). C’est le seul livrable réellement nouveau pour un centre de bilans ou un cabinet VAE, et il est classé « majeure uniquement ».
    • Relisez vos contrats de sous-traitance et de portage (indicateur 27) : la conformité au référentiel doit y être écrite, plus seulement vérifiée.
    • Vérifiez l’affichage de votre certificat, locaux et site internet. Non-conformité majeure automatique en surveillance.
    • Réclamez votre plan d’audit s’il ne vous a pas été communiqué, et vérifiez qu’il liste bien les indicateurs concernés.
    • Estimez votre durée d’audit à partir du barème et de votre dernier bilan pédagogique et financier, avant de discuter le devis.
    • Si votre renouvellement approche, avancez-le d’au moins quatre mois pour absorber une éventuelle non-conformité majeure.

    Deux principes du guide de lecture allègent réellement la charge, et ils survivront à la V10 : « l’appréciation par l’auditeur doit être proportionnée et cohérente avec les caractéristiques de la formation » — un cabinet individuel n’est pas audité comme un groupe — et « un élément de preuve peut être présenté pour attester du respect de plusieurs indicateurs, s’il est pertinent ». Il n’a jamais été demandé d’écrire trente-deux procédures : un dossier bénéficiaire complet, horodaté et cohérent en couvre à lui seul une bonne dizaine, comme le montrent nos analyses du document de synthèse et du pilotage de la conformité par le logiciel métier.

    Le référentiel change le 1er novembre. La façon dont on vous le fera prouver, elle, est écrite depuis 2019 et n’a pas bougé. Connaître ce texte ne vous dispensera d’aucun chantier — mais il vous évitera d’accepter des exigences qui n’y figurent pas, et de manquer des délais qui, eux, y sont.

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    Article vérifié et publié le 10 septembre 2026

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