Valoriser son image pro (VSI) : le marché France Travail 2027

VSI France Travail : contenu de la prestation, prix plafond par bénéficiaire, lots et fin des accords-cadres en 2027. Comment s'y préparer dès maintenant.

Équipe téo
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Valoriser son image pro (VSI) : le marché France Travail 2027
Sommaire

    « Valoriser son image pro », la prestation que tout le monde appelle VSI, est l’un des marchés France Travail les plus réguliers pour un organisme d’accompagnement : une prestation courte, très cadrée, commandée toute l’année et ouverte à l’auto-inscription des demandeurs d’emploi. Elle est pourtant très mal connue. On lit souvent que le sigle signifie « valorisation des compétences », alors que la prestation ne porte ni sur le projet ni sur les compétences techniques : elle travaille le savoir-être professionnel face au recruteur.

    Le sujet devient urgent parce que les accords-cadres VSI notifiés début 2023 arrivent à leur terme entre fin février et mai 2027, après trois reconductions annuelles. Les consultations de renouvellement devraient donc être publiées dans les mois qui viennent. Ce guide rassemble ce que disent les avis de marché publiés, les données d’attribution et la description officielle de la prestation. Il s’adresse aux opérateurs qui veulent se positionner : centres de bilans, cabinets d’insertion, organismes de formation courte.

    Ce que VSI est vraiment, et ce qu’elle n’est pas

    France Travail décrit VSI comme un service personnalisé de 3 à 4 semaines qui aide le candidat à connaître les attentes des employeurs, à transformer ses acquis en atouts et à « se mettre dans la peau du recruteur ». Les avis de marché sont plus précis : la prestation dure 28 jours au maximum et « vise à permettre à des personnes à la recherche d’un emploi de travailler leur savoir-être professionnel dans leurs démarches d’accès à l’emploi ».

    Le déroulé type comporte trois temps :

    • un entretien initial pour fixer les objectifs du bénéficiaire ;
    • un socle collectif de cinq jours d’ateliers, en groupes de 5 à 10 personnes, centrés sur les savoir-être et les mises en situation (simulations d’entretien, souvent filmées) ;
    • des ateliers complémentaires au choix selon les besoins, par exemple conseil en image, image en ligne ou motivation.

    Les programmes publiés par les titulaires donnent une idée du volume réel. L’INFREP en Gironde annonce 10 jours : 3 entretiens individuels, 5 jours de socle, 2 jours de parcours complémentaire. CLPS en Bretagne détaille des modules de 3 à 6 heures (« Muscler ses savoir-être professionnels », « Réussir en entreprise », « Conseil en image »).

    Le contenu s’appuie sur la liste des 16 savoir-être professionnels du référentiel France Travail : être à l’écoute, gérer son stress, travailler en équipe, faire preuve de rigueur, respecter ses engagements, etc. Votre ingénierie doit reprendre ce vocabulaire exactement, parce que le conseiller qui prescrit et le bénéficiaire qui s’inscrit le connaissent.

    Ce que VSI n’est pas : une prestation de définition de projet (c’est le rôle d’Activ’Projet), un accompagnement intensif vers l’emploi, ni un bilan de compétences. Elle ne prépare aucune certification. Un mémoire technique qui « vend » du projet professionnel ou de l’orientation passe à côté de la commande.

    Un flux alimenté par l’auto-inscription

    Un point distingue VSI de beaucoup d’autres marchés : le demandeur d’emploi peut s’inscrire lui-même depuis la rubrique « Mes services à la carte » de son espace personnel, sans passer par son conseiller. France Travail annonce plus de 67 000 bénéficiaires depuis le lancement de la prestation au second semestre 2018, et 96 % de satisfaits selon une enquête Ipsos.

    Pour l’opérateur, l’auto-inscription a deux conséquences.

    Le flux d’entrée est plus régulier, mais aussi moins contrôlé. Vous recevez des personnes motivées, mais aussi des personnes dont le besoin réel relève d’autre chose : un projet à construire, un frein de santé ou de mobilité, une maîtrise insuffisante du français. Votre entretien initial doit savoir repérer ces situations et les signaler au conseiller référent, sans transformer la prestation en autre chose.

    La constitution des groupes devient l’enjeu d’exploitation numéro un. Un socle collectif exige au moins cinq personnes. Si vos entrées arrivent au fil de l’eau sur plusieurs sites, vous devez ouvrir des sessions à date fixe et regrouper intelligemment. C’est exactement la contrainte que décrit notre guide sur les formations courtes à entrées au fil de l’eau : un calendrier de sessions publié à l’avance et une règle claire de report quand un groupe n’est pas complet.

    L’économie du marché : prix plafond et maximum de bénéficiaires

    Les marchés VSI prennent la forme d’accords-cadres à bons de commande, conclus avec un titulaire unique par lot et un maximum exprimé en nombre de bénéficiaires. Les lots sont départementaux ou pluri-départementaux. Les avis Centre-Val de Loire de décembre 2022 donnent les paramètres les plus détaillés publiés à ce jour :

    Paramètre (avis Centre-Val de Loire, 2022)Valeur
    Prix plafond par bénéficiaire1 021 € à 1 086 € selon le lot
    Maximum de bénéficiaires, première période1 880 à 2 000 par lot
    Capacité financière minimale exigéeenviron 1,13 M€ par lot
    Clause d’insertion, première périodeenviron 665 heures de travail par lot
    Proposition méthodologique100 pages A4 au maximum
    Offre au-dessus du prix plafondirrégulière

    Les montants attribués en 2023, issus des données essentielles de la commande publique, donnent l’ordre de grandeur des lots :

    RégionTitulaires (lot)Montant maximum
    Nouvelle-AquitaineTalent Solutions Tingari, Afec, Initiative Formation 86 (lot 1, en groupement)17,4 M€
    Nouvelle-AquitaineRetravailler Sud-Ouest, Asfel, FEL, Insup (lot 2)8,9 M€
    OccitanieCIBC Occitanie Pyrénées / Instep Occitanie12,1 M€ / 9,6 M€
    Centre-Val de LoireRetravailler dans l’Ouest (Eure-et-Loir, Indre-et-Loire…)7,0 M€
    Grand EstAksis, Solerys (plusieurs lots)2,0 M€ par lot
    GuyaneAksis / Gidef1,3 M€ / 0,72 M€

    Deux remarques pour bien lire ce tableau. Ces montants sont des maximums sur toute la durée (environ quatre ans), pas un chiffre d’affaires garanti : avec un accord-cadre à bons de commande, France Travail ne s’engage que sur ce qu’il commande. Ensuite, l’avis de 2022 précisait que l’État soutenait financièrement VSI via le Plan d’investissement dans les compétences. Rien ne garantit que ce soutien soit reconduit, et le projet de budget 2027 réduit les crédits de la mission Travail : les maximums des prochains lots peuvent baisser. Faites votre plan d’affaires sur 60 à 70 % du maximum, pas sur 100 %.

    Le calendrier : des marchés qui expirent au printemps 2027

    L’avis Centre-Val de Loire fixait une période ferme jusqu’au 31 mars 2024, « reconductible expressément trois fois pour une période d’un an », avec une prise d’effet au 1er avril 2023. Le calcul est simple : la dernière reconduction s’achève le 31 mars 2027. Les autres régions suivent le même rythme, avec quelques écarts. En Grand Est, la fin estimée est le 27 février 2027. En Guyane, elle se situe début mai 2027. En Occitanie, les accords ont été notifiés le 1er mars 2023.

    La génération précédente donne aussi le calendrier de passation. La consultation Auvergne-Rhône-Alpes (référence 202304-VSI-ARA, 7 lots) avait une date limite de remise des offres au 19 janvier 2023. L’avis Centre-Val de Loire avait été publié le 14 décembre 2022, avec une date limite au 16 janvier 2023. Cela fait un mois entre la publication et la remise des offres, pendant les fêtes de fin d’année, puis environ six semaines jusqu’à la notification.

    Si France Travail reproduit ce schéma, les avis de renouvellement sortiront entre novembre 2026 et janvier 2027. Au 15 octobre 2026, nous n’avons trouvé aucun avis de renouvellement VSI au BOAMP. Un mois, c’est trop court pour monter un groupement, réunir les attestations et rédiger 100 pages de méthodologie. Le travail doit commencer maintenant, sur la base du cahier des charges de 2022, en sachant qu’il sera mis à jour.

    Conditions d’accès : ce qui élimine avant même la notation

    Avant la note technique, trois filtres écartent une partie des candidats.

    La certification Qualiopi. L’avis précise que l’acheteur « s’assure de la capacité des candidats à dispenser une formation de qualité au travers de la détention de la certification prévue à l’article L. 6316-1 du code du travail ». Chaque membre d’un groupement qui réalise des actions doit la détenir. Le référentiel change le 1er novembre 2026 (ce que prévoit la réforme Qualiopi) : vos preuves doivent correspondre à la nouvelle version au moment de la candidature.

    La capacité financière. Le seuil d’environ 1,13 M€ par lot écarte la plupart des structures indépendantes. C’est la raison pour laquelle les lots importants sont souvent attribués à des groupements : un mandataire de taille nationale ou régionale, associé à des acteurs locaux qui apportent les sites et le réseau d’employeurs. Notre guide pour répondre à un appel d’offres France Travail détaille le choix entre candidature seule, groupement et sous-traitance.

    La clause d’insertion. Environ 665 heures de travail réservées à des personnes éloignées de l’emploi sur la première période d’un lot, cela représente à peu près 0,4 équivalent temps plein. Vous pouvez y répondre par l’embauche directe, la mise à disposition par une structure d’insertion ou la sous-traitance. Il faut le prévoir dès la candidature, pas au moment de la notification.

    Faire une marge sur 1 021 € par bénéficiaire

    Le prix plafond semble confortable pour une prestation de quelques semaines. Il l’est moins quand on chiffre un groupe réel. Prenons un exemple, avec des hypothèses à adapter à votre structure : un groupe de 8 bénéficiaires au prix plafond de 1 021 €, soit 8 168 € de recettes.

    Côté coûts :

    • 5 jours d’animation du socle collectif par un consultant ;
    • 3 entretiens individuels d’une heure par bénéficiaire, soit 24 heures, environ 3,5 jours avec la préparation et les comptes rendus ;
    • 2 jours d’ateliers complémentaires ;
    • 1 jour de gestion administrative : convocations, émargements, saisies, bilan de fin de prestation.

    Cela fait environ 11,5 jours de consultant. À 450 € par jour chargé, le coût atteint 5 175 €. En ajoutant 600 € de salle, on arrive à 5 775 €, soit une marge brute d’environ 2 400 € (29 %) avant frais de structure et de mandataire.

    Le même groupe à 5 bénéficiaires rapporte 5 105 €. Le socle collectif coûte autant, et la marge tombe presque à zéro. Deux abandons avant le début du socle, ou une session ouverte trop tôt, et le groupe devient déficitaire. La rentabilité de VSI se joue donc sur trois réglages :

    1. le taux de remplissage des sessions, autrement dit votre capacité à regrouper les entrées sans dépasser le délai de 28 jours ;
    2. la part de l’administratif, qui doit rester sous une demi-journée par groupe ;
    3. le taux d’abandon après l’entretien initial, à suivre site par site.

    Les règles de facturation (prestation commencée, terminée ou abandonnée) dépendent du cahier des clauses du marché. Lisez-les avant de fixer votre prix, pas après.

    Les preuves que France Travail attendra de vous

    Un marché à bons de commande se paie au service fait. Pour chaque bénéficiaire, vous devez pouvoir prouver trois choses : qu’il est entré dans la prestation, qu’il a suivi les séquences prévues et qu’un bilan de fin lui a été remis. Les échanges passent par les outils de France Travail. Notre guide Prest@ppli décrit la logique de saisie et de dépôt des documents.

    Trois pratiques font la différence au moment d’un contrôle :

    • un émargement par demi-journée pour le socle collectif, signé par chaque participant, horodaté et rattaché à la session. Les feuilles papier scannées à la fin du mois sont la première source d’écarts. Voir notre guide sur l’émargement électronique ;
    • une trace de chaque entretien individuel : date, durée, objectifs travaillés, savoir-être visés ;
    • un bilan de fin de prestation qui reprend explicitement les savoir-être du référentiel, avec ce qui a progressé et ce qui reste à travailler, et non un compte rendu générique.

    Le taux de satisfaction est aussi suivi de près : France Travail communique publiquement sur ses 96 %. Un titulaire qui fait baisser ce chiffre sur son territoire s’expose à une baisse des commandes et à un dossier difficile à défendre au renouvellement.

    La check-list avant le renouvellement

    Si vous visez un lot VSI en 2027, voici ce qu’il faut faire d’ici la publication des avis :

    1. Choisir vos lots : départements où vous avez déjà des salles, des consultants et un réseau d’employeurs pour les mises en situation.
    2. Vérifier la capacité financière par rapport au seuil de 2022 et, si vous êtes en dessous, identifier dès maintenant un mandataire ou des co-traitants.
    3. Mettre à jour vos preuves Qualiopi selon le référentiel en vigueur au 1er novembre 2026.
    4. Écrire l’ingénierie du socle jour par jour, avec les 16 savoir-être, les mises en situation et les supports, en version courte et en version détaillée.
    5. Chiffrer votre prix avec des groupes de 5, 7 et 9 personnes, et non sur un groupe idéal.
    6. Prévoir la clause d’insertion : structure partenaire, poste identifié, volume d’heures.
    7. Préparer la preuve : émargement, suivi des entretiens, modèle de bilan de fin, indicateurs d’abandon et de satisfaction.
    8. Surveiller PLACE et le BOAMP chaque semaine à partir de novembre, avec une alerte sur « Valoriser son image pro ».

    Pour replacer VSI dans l’ensemble des prestations achetées par France Travail (Activ’Projet, Activ’Créa, Agil’Cadres, reclassement), voir notre panorama des marchés France Travail.

    En résumé

    VSI est une prestation courte et très normée, que l’auto-inscription rend régulière. Le prix plafond, autour de 1 000 € par bénéficiaire, laisse une marge correcte à une condition : remplir les groupes. Les accords-cadres de 2023 expirent entre février et mai 2027, et le délai de réponse observé lors de la dernière génération était d’environ un mois. Les opérateurs qui auront préparé leur groupement, leur ingénierie et leur chiffrage avant l’hiver seront en position de répondre sereinement. Les autres découvriront l’avis entre deux fêtes de fin d’année.

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    Article vérifié et publié le 15 octobre 2026

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